Ode au Jiu-jitsu

D’une manière générale, j’aime bien les films sur les arts martiaux. S’il faut bien reconnaître que les
arts martiaux pieds-poings (Kung-fu, Karaté, Wing-chun) se taillent la part belle, l’Aïkido (avec
notamment Steven Seagal) a eu également son heure de gloire ces 20 dernières années.


En dehors des arts pieds-poings, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent comme films
d’action. Or la situation vient de changer avec le film « Born a champion » que je viens de regarder et
qui m’a beaucoup plu.


Ce film consacré au Jiu-jitsu brésilien est porté par l’acteur Sean Patrick Flanery (vu notamment
dans Powder, Saw 7 ou encore dans la série Dead zone), lui-même ceinture noire de Jiu-jitsu
brésilien. Flanery, qui se définit lui-même comme artiste martial faisant du cinéma et non comme
acteur faisant des arts martiaux, est à l’origine de ce projet de film ; le but pour lui était de rendre
hommage à l’art martial qui lui a tant donné.


Le jiu-jitsu brésilien est un art martial issu d’une migration de japonais pratiquant le jiu-jitsu
traditionnel vers le brésil au début du 20ème siècle. Arrivé sur place au brésil, cet art martial a
continué à évoluer localement jusqu’à devenir l’un des arts martiaux les plus efficaces qui soient.


En effet, la philosophie qui guide le jiu-jitsu brésilien tient en la constatation de 2 points
fondamentaux : premièrement 90% des combats se terminent au sol, deuxièmement quand l’un des
2 combattants a décidé d’amener le combat vers le sol, il est pratiquement impossible de l’en
empêcher.

Il en résulte que les combattants de jiu-jitsu brésilien ne perdent pas de temps à
apprendre à se battre debout, ils concentrent leur entrainement à dominer quoi qu’il arrive le
combat au sol. Dans la pratique, il est extrêmement difficile de gagner un combat face à ce type de
combattant car d’une part le combat part au sol d’entrée de jeu (dès que l’adversaire arrive à portée
de main, il est amené au sol par des techniques d’amené très efficaces), et d’autre part sa maîtrise
technique fait généralement que le combat est très court car il se termine en quelques secondes par
une technique de soumission (clé d’une articulation, étranglement, …).


En combat un contre un, le jiu-jitsu brésilien est d’une efficacité redoutable, même contre des
adversaires plus lourds et plus forts, notamment parce qu’une fois arrivé au sol ces deux critères
jouent beaucoup moins voire presque plus du tout. En combat à un contre plusieurs c’est plus
difficile par définition (combat au sol) mais pas impossible pour un combattant très affûté. Un
combattant complet utilisera le jiu-jitsu brésilien au sol, et un art martial pieds-poings ou debout
(type Aïkido) pour gérer plusieurs adversaires simultanément.

Born a champion


Faire un film qui met en exergue le jiu-jitsu brésilien n’est pas évident. J’ai beaucoup aimé ce film car
même si, bien sûr, il permet de voir l’efficacité du jiu-jitsu brésilien en action, il est aussi et surtout
basé sur une histoire humaine d’amour et d’amitié qui est particulièrement bien écrite et prenante.
Le méchant est aussi, comme il se doit, détestable à souhaits.


J’ai montré ce film à mes garçons qui l’ont beaucoup aimé. Notamment à mon dernier qui est encore
à l’école, et à qui j’ai toujours enseigné le fait que, si un jour il se fait agresser par un autre élève, la
bonne stratégie sera de chercher à se positionner derrière lui pour lui placer un étranglement dans
un amené au sol. Dans ce film, il a vu en vrai ce dont je lui parlais. Il faut dire que cela fait un bon
moment que j’ai repéré le jiu-jitsu brésilien.