“Mourir peut attendre” – un monument de cancel culture

J’ai découvert James Bond avec Roger Moore et depuis, la sortie d’un nouvel opus a toujours été pour moi synonyme de fête car ces films me rappellent ma jeunesse

Je dois dire que j’ai eu du mal à m’habituer à Daniel Craig, qui ne correspondait pas initialement pour moi au flegme et même à la beauté d’un Roger Moore ou d’un Pierce Brosnan. Mais bon, depuis 2006 je m’étais habitué, y prenant même un plaisir retrouvé.

C’est dire si j’attendais impatiemment de visionner le dernier opus. Attention spoiler : si je savais que ce serait le dernier James Bond de Daniel Craig, j’étais loin de me douter que ce serait le dernier James Bond tout court. Eh oui, James Bond meurt à la fin, non sans avoir au préalable transmis son indicatif 007 à une femme (en 2021 on hésite à écrire ce mot, on sent qu’une accusation de féminophobie n’est probablement pas loin) noire (bon là c’est carrément le mot qu’on réfléchit à deux fois avant d’écrire, l’accusation de racisme, beaucoup plus grave, n’est pas loin non plus).

Si j’avais bien remarqué le virage de cancel culture quasi-globalisé dans la société moderne, tout ce qui nous lie au passé ou aux anciennes valeurs ayant tendance à être présenté comme devant disparaître, je n’imaginais pas l’ampleur de ce phénomène dans le dernier Bond.

En effet, dans la rubrique “tout doit disparaitre” le film fait très fort : Ernt Stavro Blofeld le méchant depuis 40 ans se fait tuer, toute son organisation (Spectre) qui fait les beaux jours de 007 depuis 40 ans se fait tuer aussi, et James Bond choisit aussi de mourir à la fin.

Que reste-t’il donc de l’univers de James Bond pour le prochain film ? Rien. Pourtant il y aura bien une autre série de films, qui ne s’appellera plus James Bond 007 mais probablement 007 tout court. La personne qui l’incarnera n’aura plus rien à voir avec le héros de Ian Flemming. Je me doute d’ailleurs qu’on découvrira sa gender fluidité au passage, puisque l’hétéro-sexualité du héros est encore un reste de passé qui persiste, tant qu’on n’a pas explicité le contraire.

Le pire c’est que, si bien sûr les vieux gribous comme moi ne suivront plus et considérerons que 007 est bien mort avec ce film final, la série suivante n’ayant strictement aucun intérêt, l’absence quasi totale de culture des jeunes (qui donc ne connaissent ni Sean Connery, ni Roger Moore, ni George Lazenby, ni Timothy Dalton, ni probablement Pierce Brosnan) les fera probablement kiffer la nouvelle série

Adieu James Bond. Ni Dr No, ni Blofeld, ni Gold finger, ni requin n’auront eu ta peau. La cancel culture, elle, ne t’a laissé aucune chance. Point positif tout de même : nous aurons dorénavant tout le loisir de lire les bouquins de Ian Flemming